La paroisse de St Lumine de Clisson existait semble-t-il dès le VIème siècle et son nom n'a guère varié au fil des ans. Le Pouillé de 1287 mentionne "Sanctus Lumine" et dès 1406, on trouve la forme quasi définitive avec "Saint Lémine près Clizon".
En 1789, la paroisse se dénommait Saint-Lumine-des-Bois pour devenir plus tard Saint-Lumine-de-Clisson. Des haches en pierre polie et débris gallo-romains découverts près du château de la Courbejollière attestent que les hommes se sont installés sur le territoire de la commune dès la plus haute antiquité. A ce même endroit furent édifiés ensuite un camp romain et une forteresse mérovingienne. Le château appartenait pendant les guerres de la Ligue au Sire Perrin, fervent protestant. On dit qu'en temps de guerre, les habitants désertaient leurs demeures et avaient aménagé des souterrains en véritables villages enfouis.
Comme dans toutes les communes des environs, les guerres de Vendée firent des ravages entre 1793 et 1794, rasant entièrement le bourg, à l'exception d'une maison, à l'entrée gauche en venant de Clisson (n°18).
Le manoir du Logis (XVIème siècle)
En 1592, Judith Perrin, dame du Mortier, est citée comme propriétaire du domaine et Pierre de la Barre est attesté en 1632 comme écuyer et seigneur du Mortier-Boisseau.
En 1694, le seigneur René de la Courbejolière et Jeanne Jaillard possèdent le domaine.
Au milieu du XIXème siècle, il appartient à la famille Roberie, issue de la bourgeoisie nantaise.
Le porche d'entrée, à porte cochère et piétonnière, ouvre sur une cour fermée par un mur d'enceinte à tourelle. Le corps du logis se pare de lucarnes du XVIIème siècle.
Le château de la Courbejollière (propriété privée)
Le site aurait été occupé d'abord par une villa gallo-romaine, puis par une motte féodale. Un château fort y fut construit avant le XIVe siècle, époque à laquelle, en 1351 on trouve la première mention écrite de la famille Perrin.
La Courbejollière était une place forte située à proximité de la frontière contestée entre Bretagne et Poitou. C'était au 16ème siècle, une maison florissante si l'on en juge par un des rares vertiges de cette époque : la belle cheminée Renaissance du grand salon.
Mais les seigneurs du château adhèrent au protestantisme. Les troupes du duc de Mercoeur, sous les ordres du sieur de Goulaine, son lieutenant, vinrent, en 1591, assiéger la Courbejollière, la maison fut prise, ruinée, pillée et en partie brûlée.
La Courbejollière est vendue comme bien national en 1796 (le 18 thermidor An 4).
Mais les bâtiments pillés et incendiés ont subi de graves dommages. Ils sont relevés, vaille que vaille par le dernier homme de la famille Perrin de la Courbejollière décédé en 1857. La Courbejollière passe alors dans la famille d'une de ses sœurs, épouse de Jean Goguet de Boishéraud.
La chapelle St Louis
Située à 1 km du bourg, la Chapelle de la "Vieille Cure", était semble-t-il, à son origine, soit dédiée à Saint-Sébastien (selon le Patrimoine des Communes), soit à Saint-Laurent, prénom du recteur fondateur de l'édifice (Laurent Saulnier Boisrond) curé de St Lumine de 1745 à 1772.(selon l'histoire luminaise) Comme il vieillissait, et, comme par ailleurs, la Cure se trouvait à une certaine distance de l'église paroissiale, il fit construire cette chapelle pour y célébrer la messe. Elle fut appelée Chapelle Saint-Louis lorsqu'on y plaça une statue du roi Saint-Louis, sculptée par Monsieur Sébastien Goguet de Boisheraud et offerte par Marguerite de Boisheraud, Marie et Léonide de la Barre.
La Vieille Cure, pendant un siècle, fut la résidence des prêtres. L'abbé Guillet fut le dernier résident car la vieille cure et les dépendances furent démolies en 1895.
L'église
L'église fut reconstruite, à la fin de la première moitié du XIXème siècle, dans un style néo-roman. L'autel du chœur de l'église provient de la Chapelle du petit séminaire de Nantes qui avait été exproprié pour faire l'actuelle rue Paul Bellamy, à la hauteur du collège Saint-Stanislas.
Et au dessus de l'autel se trouve un baldaquin unique dans la région qui fut édifié à la Toussaint de 1845. Les colonnes et les sculptures furent rapportées de Nantes par les paroissiens, avec leurs charrettes à bœufs.
En 1846, à la Fête des Rois édification de l'autel.
En 1847, bénédiction de l'autel par Mgr de Hercé évêque de Nantes (la plaque de marbre du dessus de l'autel sera posée en 1966).
Le 19 septembre 1847, translation des reliques de Saint Léobin de la Chapelle de la Vieille Cure à l'Eglise (une partie des côtes de St Léobin).
En 1851, bénédiction du calvaire, situé dans le transept sud.
En 1858, bénédiction de la cloche de 823 kg (Alexandrine, Jeanne, Louise).
En 1859, bénédiction de la cloche de 581 kg (Marie-Jeanne Joséphine).
Le chemin de croix, aux stations monumentales, est posé le 18 janvier 1861. Il est l'œuvre du sculpteur religieux Henri Bouriché (1826-1906). On peut trouver le même en l'église de Montréal au Canada. En France, c'est l'église de St-Rémy au Mauges (49) qui a reçu le premier exemplaire.
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